Santé - Environnement
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SANTÉ - ENVIRONNEMENT
Réduire la pollution lumineuse
un exemple en petite couronne
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FNE Ile-de-France lutte depuis plusieurs années contre une forme de pollution insidieuse et pourtant particulièrement nocive : la pollution lumineuse. Dans les Hauts-de-Seine, Val de Seine Vert et Environnement 92 se mobilisent sur la départementale 910 allant de Sèvres à Versailles et défendent auprès des élus une réduction de l’intensité lumineuse de l’éclairage public.
L’alternance jour/nuit étant une constante, le vivant a organisé son mode de fonctionnement autour de ce phénomène. L’être humain, peu adapté à la vie nocturne en raison de sa mauvaise vision, a décidé de pallier ce problème en illuminant l’obscurité. L’éclairage artificiel nocturne s’est alors énormément intensifié : + 94 % d’éclairage public en vingt ans, et les dispositifs lumineux (enseignes, devantures de commerce, publicités, …) se sont multipliés. Nous avons ainsi réussi à prolonger nos activités et sécuriser nos déplacements nocturnes. Malheureusement, cette pratique poussée à l’extrême, s’est faite au détriment des autres espèces et de notre propre santé.
C’est pourquoi l’on parle aujourd’hui de pollution lumineuse.
Afin de redonner du terrain à la nuit, et à toutes les espèces qui s’y épanouissent, Val de Seine Vert et Environnement 92 ont entamé un travail de réduction de la pollution lumineuse avec trois villes traversées par la RD 910 : Sèvres, Chaville et Viroflay. Ces communes se situent entre la forêt domaniale de Meudon, au sud, et la forêt domaniale de Fausses Reposes et le parc de Saint-Cloud, au nord. Leur halo lumineux impact négativement ces espaces pourtant reconnus comme des réservoirs de biodiversité et des espaces naturels sensibles, c’est pourquoi les associations promeuvent auprès des élus, une diminution de l’intensité lumineuse.
Pour cela, les communes sont invitées notamment à réduire l’intensité de leur éclairage public et à mieux réguler la publicité lumineuse. L’objectif, en mettant un terme à la pollution lumineuse excessive sur ce territoire, est de rendre à la faune un territoire sur lequel elle pourra vivre et se déplacer dans de meilleures conditions.
LES ATTENTES DE FNE ILE-DE-FRANCE
Réduire l'intensité lumineuse et cartographier les trames noires
Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), l'éclairage artificiel nocturne participe à l'artificialisation des territoires et constitue une menace pour la faune qui a besoin de l’alternance jour/nuit. Ainsi, près de 150 insectes volants meurent d’épuisement à force de tourner autour d’un lampadaire chaque nuit, sur chaque point lumineux, en saison estivale,
De leur côté, les végétaux ont besoin de lumière pour la réalisation de la photosynthèse, mais ils doivent également bénéficier de périodes d’absence de lumière pour l’arrêt de la photosynthèse et finaliser leurs cycles de réactions chimiques.
Les humains ne sont pas non plus à l’abri de cette pollution, la lumière extérieure nocturne s’inviterait dans la chambre à coucher de 58 % des Franciliens et perturberait 83 % de ces personnes. L’absence d’alternance jour/nuit perturbe notre système hormonal (notamment la sécrétion de la mélatonine), induisant des troubles du sommeil et favorisant les risques de maladies. On peut citer, notamment, l’affaiblissement immunitaire, la dépression, les troubles cardiovasculaires et le surpoids.
Pourtant, d’un point de vue financier, les communes ont tout intérêt à réduire l’éclairage public puisqu’elles y consacrent 41 % de leur consommation d’électricité. Autour de Nantes, vingt communes de l’agglomération ont déjà sauté le pas. Elles ont constaté qu’en éteignant l’éclairage public de minuit à 5 h 30 du matin leur facture énergétique est passée de 7 millions à 5 millions d’euros.
Frédéric PUZIN
président de Val de Seine Vert
valdeseinevert.org
29 novembre 2021, 5 h du matin
A Sèvres, l’éclairage public est intense. On y voit comme en plein jour.
Les décorations de Noël sont néanmoins presque toutes éteintes.
Un nombre significatif de devantures sont éclairées violemment, toutes les agences immobilières,
un grand nombre de coiffeurs, plusieurs boutiques de cadeaux sont éclairées.
Chaville a un éclairage public d’une intensité moyenne, mais dont l’effet est amplifié
car il y a deux sources lumineuses sur chaque lampadaire l’une vers le bas, l’autre plus en hauteur.
Les décorations de Noël sont nombreuses et très lumineuses.
Chaville dispose de publicités géantes sur pied, ou non, qui sont toutes allumées.
Viroflay est plutôt sobre et sombre, hormis un court espace où les commerces sont regroupés,
mais même des agences bancaires sont éteintes.
Il n’y a pas d’éclairages de Noël allumés sur l’axe.
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SANTÉ - ENVIRONNEMENT
Pollution de l'air
Passons vraiment aux actes !
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La pollution de l’air est la préoccupation environnementale numéro un des Franciliens, selon l’enquête IPSOS 2018 diligentée par Airparif. En février 2022, l’Observatoire régional de santé vient de publier un rapport indiquant que 8 000 décès anticipés par an pourraient être évités dans notre région.
FNE Ile-de-France, depuis de nombreuses années, milite pour que l’État, les collectivités territoriales, les entreprises polluantes et tous les Franciliens s’impliquent davantage dans cette lutte.
Dans notre Liaison Air-Climat-Santé paru en novembre 2015, nous faisions le point sur la pollution de l’air dans notre région et ses implications en santé. Depuis, l’État et la Région ont promulgué, en 2018, un plan de prévention de l’atmosphère (PPA) sur lequel nous avons donné notre avis.
L’État sanctionné en 2021
La Commission européenne avertit régulièrement la France depuis dix ans pour non-respect des seuils réglementaires de pollution de l’air. Après un long recours lancé par les Amis de la Terre, soutenu par de nombreuses associations, dont FNE Ile-de-France, le 4 août 2021, le Conseil d’État condamne l’État à payer une astreinte de 10 millions d’euros, renouvelable tous les six mois jusqu’à obtention du respect des seuils de pollution.
Les polluants de l’air réglementés parce que dangereux
Plus de quinze polluants sont réglementés en France et en Europe pour leurs effets sur la santé et l’environnement, avec des seuils de concentration à ne pas dépasser, et suivi en continu par Airparif. Parmi eux, quatre sont toujours problématiques en Île-de-France : oxydes d’azote, particules de 10 et 2,5 microns, ozone.
Par rapport à 2019, les confinements liés à la pandémie de Covid 19 de 2020 ont provoqué une baisse de 30 % dans Paris des concentrations d’oxydes d’azote. Deux tiers de cette baisse s’expliquent par les mesures de restriction d’activités.
Ces effets sont moins marqués pour les particules réglementées (PM10 et PM2.5) compte tenu du rôle de la météorologie, mais aussi des sources qui n’ont pas été ou peu touchées par les restrictions (chauffage, agriculture…).
L’ozone produit principalement sous les effets du rayonnement solaire en relation avec des précurseurs contenus dans l’atmosphère continue à augmenter, surtout en été.
D’autres polluants de l’air dits « émergents », non réglementés, mais aussi dangereux, existent : particules ultrafines, traitements agricoles : pesticides, engrais azotés précurseurs de particules et d’ozone, carbone suie…
L’OMS durcit ses recommandations en 2021
La baisse des atteintes à la santé ne diminuant pas assez vite, l’OMS a abaissé ses seuils de référence.
Pratiquement toute la population francilienne vit au-dessus de ces nouveaux seuils de pollution.
Airparif met en évidence quatre grands secteurs socio-économiques à l’origine de cette pollution, repris dans le PPA 2018 : les déplacements motorisés, le chauffage résidentiel et tertiaire, les industries-carrières-chantiers et l’agriculture.
La baisse du trafic routier et de certaines activités en 2020, sous l’effet du confinement, a confirmé l’importance de ces secteurs. Elle a aussi mis en lumière l’impact de l’agriculture et montré en Ile-de-France que le chauffage au bois émettait autant de particules que le trafic routier, notamment lors du premier confinement.
LES ATTENTES DE FNE ILE-DE-FRANCE
La pollution de l’air tue chaque année au moins 48 000 personnes en France. Cette mortalité et l’ensemble des coûts socio-économiques qui lui sont liés coûtent chaque année 150 milliards d’euros. Les préconisations du PPA 2018,ci-après doivent être suivies le plus étroitement possible.
Mieux se déplacer : diminuer l’utilisation de son véhicule, prendre davantage les transports en commun et développer les modes doux (vélo, marche..). Mieux se chauffer : en isolant davantage et en changeant si possible son mode de chauffage aux énergies fossiles. Mieux consommer : en achetant des produits de saison produits localement.
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